Pourquoi Western Union et MoneyGram se tournent-ils vers la blockchain ?
Les méthodes traditionnelles de transfert d'argent à l'étranger semblent être confrontées à une profonde mutation technologique. Des sociétés financières de renom, que le grand public connaissait jusqu'à présent principalement grâce à leurs agences physiques, migrent à grande échelle leurs systèmes vers des réseaux numériques (blockchain). Il ne s’agit plus d’une simple expérimentation : cette technologie est en passe de devenir la nouvelle norme, plus rapide et moins coûteuse, pour les paiements internationaux.
MoneyGram et son nouveau rôle dans la vérification des transactions
MoneyGram a franchi une étape décisive en devenant un opérateur direct (ce qu’on appelle un « validateur ») du réseau numérique mondial Solana. Concrètement, cela signifie que l’entreprise ne se contente plus d’utiliser passivement les monnaies numériques, mais qu’elle participe à leur gestion directe.
L’entreprise valide désormais les transactions sur ce réseau, veille à la sécurité de la transmission des données et verrouille ses propres cryptomonnaies dans le système, garantissant ainsi la fiabilité des opérations. Parallèlement, elle a rejoint le programme technologique Solana Developer Platform, dans le cadre duquel elle contribue au développement d’applications financières modernes pour smartphones.
5 ans de préparation et son propre dollar numérique
Pour MoneyGram, qui dessert plus de 60 millions de clients à travers le monde et compte près d’un demi-million d’agences, cela n’est toutefois pas une surprise. L’entreprise se concentre systématiquement sur les technologies numériques depuis plus de 5 ans.
En mai dernier, par exemple, elle a lancé avec succès son propre stablecoin indexé sur le dollar américain, appelé MGUSD, qui fonctionne sur le réseau Stellar. Cet outil permet aux utilisateurs de détenir des soldes en dollars directement sur leur téléphone portable, de les envoyer instantanément à l’étranger et, via l’application MoneyGram, de les convertir de manière flexible en espèces classiques dans la devise locale à l’autre bout du monde.
Pourquoi l’ancienne méthode d’envoi d’argent est-elle coûteuse ?
Le plus grand concurrent sur le marché – Western Union – s’est également engagé dans cette voie. Il traite un volume colossal de transactions, dépassant les 100 milliards de dollars par an. Il y a quelques mois, l’entreprise a lancé son propre dollar numérique sur le réseau Solana sous l’abréviation USDPT. Elle le teste actuellement en Bolivie et aux Philippines, et prévoit de l’étendre à plus de 40 pays à travers le monde d’ici 2026.
La raison de cette initiative est purement économique. Le système bancaire classique comporte trop d’obstacles. En raison des frais bancaires, de la lenteur des traitements et de la nécessité de détenir d’énormes montants sur des comptes de réserve à l’étranger, environ 6 % à 9 % du volume total des fonds transférés sont inutilement « perdus » dans l’ancien système. Les dollars numériques fonctionnent sans interruption (24 h/24, 7 j/7) et éliminent ces pertes cachées. Pour les sociétés financières elles-mêmes, il s’agit également d’une activité rentable : la gestion et la couverture de ces réserves numériques pourraient, selon les estimations, leur rapporter un bénéfice net supplémentaire de 2 % à 3 %.
Les dollars numériques : une nouvelle norme pour les entreprises et l’Amérique latine
Cette tendance moderne a depuis longtemps cessé de concerner uniquement les particuliers qui envoient leurs économies à leur famille. Les dollars numériques sont de plus en plus utilisés par les entreprises elles-mêmes pour des achats rapides de marchandises et la gestion de leur trésorerie. Les dernières données financières en provenance d’Amérique latine montrent que les transactions des entreprises via ces réseaux numériques y ont augmenté de pas moins de 81 % d’une année sur l’autre, car les dirigeants ne sont plus disposés à attendre plusieurs jours face à la lenteur des banques locales.
Changements majeurs en Afrique et l’avenir des paiements sur Internet
Le marché africain des paiements affiche lui aussi une dynamique rapide similaire. La société technologique Ripple a récemment pris une participation dans l’immense réseau de paiement africain Flutterwave, présent dans 35 pays, dans le but d’y introduire des moyens de paiement numériques modernes. Les initiatives de leaders tels que MoneyGram et Western Union montrent clairement que les flux financiers mondiaux s’éloignent définitivement des anciens canaux bancaires pour s’orienter vers une infrastructure Internet de nouvelle génération.
Un pont transatlantique pour la finance numérique : les États-Unis et le Royaume-Uni unissent leurs forces pour réglementer la tokenisation et les stablecoins
L'infrastructure en pleine expansion des marchés financiers modernes se heurte de plus en plus aux limites des mécanismes traditionnels. Face à ces défis, les ministères des Finances des États-Unis et du Royaume-Uni ont franchi ensemble une étape décisive pour l’avenir du système financier. Leur dernière initiative montre comment ces deux puissances financières mondiales entendent coordonner la réglementation des actifs numériques et ouvrir la voie à une nouvelle ère d’investissements transfrontaliers et de paiements numériques.
Zcash prépare la mise à jour « Ironwood »
Zcash est une cryptomonnaie bien connue qui permet à ses utilisateurs d'envoyer de l'argent en toute confidentialité, à l'instar d'un coffre-fort numérique opaque. Cependant, le 28 juillet 2026, le réseau fera l’objet d’une importante mise à jour technique baptisée « Ironwood ». Son objectif est de fermer l’ancienne partie endommagée du système et de transférer tous les actifs des utilisateurs vers un nouvel emplacement, bien plus sûr.